
Alors que le président Emmerson Mnangagwa est accusé de vouloir prolonger son mandat au-delà de 2028, la contestation enfle au Zimbabwe. Lundi 31 mars, une manifestation organisée à Harare a rassemblé près de 200 personnes malgré les menaces des autorités.
La répression a été immédiate : 95 manifestants ont été arrêtés et accusés de troubles à l’ordre public.
Une mobilisation sous surveillance
Environ 200 personnes s’étaient réunies sur la place de la Liberté à Harare, à l’appel de Blessed Geza, figure dissidente issue de la ZANU-PF et vétéran de la guerre d’indépendance. Les manifestants ont lancé des slogans hostiles au président, dont « Ça suffit » et « Mnangagwa doit partir », pour exprimer leur refus de le voir rester au pouvoir au-delà de 2028.
Malgré la volonté affichée d’un rassemblement pacifique, les autorités ont rapidement dispersé la foule. Selon la police, certains protestataires auraient bloqué brièvement une artère principale et lancé des projectiles.
95 arrestations et des accusations de violence
Le lendemain, mardi 1er avril, les forces de l’ordre ont annoncé l’arrestation de 95 personnes. Ces manifestants sont accusés d’avoir troublé l’ordre public et enfreint les lois sur la sécurité intérieure. Les autorités affirment que certains participants ont tenté de provoquer des débordements.
Blessed Geza a salué le courage de ses soutiens sur les réseaux sociaux, tout en dénonçant une « cabale corrompue » au pouvoir. S’il n’a pas encore appelé à une nouvelle mobilisation, il promet de ne pas baisser les bras.
Un climat de peur généralisée
La manifestation a provoqué un effet domino dans la capitale. Commerces fermés, écoles désertées, rues quasiment vides : la peur d’un affrontement a figé Harare. Ce climat témoigne d’un malaise grandissant face à une gouvernance jugée autoritaire, sur fond de crise économique persistante. Alors que la pression s’intensifie, l’opposition tente de structurer sa mobilisation.