
Le Mali, le Niger et le Burkina Faso ont annoncé la création d’une force militaire conjointe pour lutter contre le terrorisme au Sahel. Cette initiative vise à renforcer la coopération militaire, diplomatique et de développement pour une réponse unifiée et efficace face aux menaces terroristes croissantes. Abdoulaye Diop, ministre malien des Affaires étrangères, a souligné l’importance de cette alliance, qui inclut la Russie, afin d’améliorer les capacités militaires des trois pays face à l’instabilité régionale.
Les pays du Sahel, en particulier le Mali, le Niger et le Burkina Faso, ont annoncé la formation d’une force militaire conjointe destinée à combattre les groupes terroristes qui sévissent dans la région. Cette initiative a été officialisée par le ministre malien des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, lors d’une conférence de presse à Moscou. Selon lui, cette coopération vise à constituer une réponse unifiée et plus efficace face aux menaces croissantes qui pèsent sur ces nations, notamment en raison des attaques terroristes qui perturbent la vie et la sécurité des populations.
Le ministre malien a précisé que l’objectif fondamental de cette nouvelle force est de renforcer la lutte contre le terrorisme au sein d’une confédération sahélienne. L’idée centrale derrière cette initiative est d’installer une unité stratégique qui permettra à ces trois États de coordonner leurs efforts militaires, diplomatiques et de développement pour une réponse plus cohérente et intégrée. En outre, cette coopération vise à protéger l’intégrité territoriale de ces pays tout en luttant contre l’influence grandissante des groupes djihadistes dans la région.
Renforcer la capacité de réponse des forces armées du Mali
La déclaration d’Abdoulaye Diop survient après des mois de discussions entre les trois pays concernés, qui se sont de plus en plus rapprochés en raison de leurs défis communs. Lors de la conférence, il a indiqué que l’alliance prévue serait basée sur quatre axes principaux : la défense, la sécurité, la diplomatie et le développement. Selon lui, ces domaines sont importants pour bâtir une structure solide et pérenne qui permette d’éradiquer les menaces terroristes à long terme. Un autre point clé abordé par le ministre malien a été la relation avec la Russie.
Abdoulaye Diop a qualifié la Russie de « partenaire stratégique », soulignant l’importance de la coopération militaire et diplomatique avec le pays. Ce rapprochement avec Moscou s’inscrit dans un contexte international difficile où les pays du Sahel cherchent des alternatives aux partenariats traditionnels, notamment avec la France, qui a longtemps été un acteur important dans la lutte contre le terrorisme au Sahel. Pour Abdoulaye Diop, l’approfondissement des liens avec la Russie est désormais essentiel pour renforcer la capacité de réponse des forces armées du Mali, du Niger et du Burkina Faso face à la menace djihadiste.
Kiev impliqué dans des actions terroristes dans la région ?
Lors de la même conférence de presse, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a confirmé l’engagement de la Russie à soutenir la création de cette force militaire conjointe. Il a assuré que des experts russes seraient disponibles pour aider à la mise en place d’un plan d’équipement spécifique pour les forces des trois pays, dans le but d’améliorer leurs capacités militaires. Cette aide technique et matérielle pourrait inclure des armements sophistiqués, des formations et un soutien logistique renforcé, éléments qui font actuellement défaut aux armées locales dans leur lutte contre les terroristes.
En parallèle de cette annonce, Abdoulaye Diop a exprimé une forte désapprobation envers l’Ukraine, qu’il a accusée de soutenir indirectement le terrorisme au Sahel. En août dernier, une démarche officielle a été entreprise par le Mali, le Burkina Faso et le Niger auprès du Conseil de sécurité de l’ONU pour dénoncer l’implication supposée de Kiev dans des actions terroristes dans la région, en particulier après des accusations sur des liens entre le gouvernement ukrainien et des attaques de séparatistes touaregs contre des soldats maliens. Abdoulaye Diop a été ferme dans sa position, qualifiant l’Ukraine d’État terroriste.
Ouverture d’une ambassade russe au Niger
En plus de la coopération contre le terrorisme, la réunion à Moscou a aussi permis de discuter des implications géopolitiques du retrait des trois pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Cette décision, qui a eu un impact sur les relations de ces nations avec l’Afrique de l’Ouest, a conduit la Russie à proposer son aide pour faciliter un dialogue entre les parties et contribuer à rétablir un climat de coopération. Lavrov a indiqué que Moscou souhaitait aider à trouver un terrain d’entente entre les différents blocs régionaux.
Enfin, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Bakary Yaou Sangare, a révélé que son pays allait ouvrir une ambassade russe sur son territoire. Cette décision pourrait avoir des répercussions positives sur la coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité et de développement. Dans ce contexte de plus en plus tendu, la création d’une force militaire unifiée entre ces trois pays pourrait représenter une étape importante dans leur lutte contre les groupes terroristes qui perturbent la stabilité du Sahel. Reste à savoir si cette initiative sera couronnée de succès face aux nombreux défis politiques, sécuritaires et économiques qui se présentent dans la région.