
Face à l’accélération du dérèglement climatique, 1 500 acteurs non étatiques de 40 pays se sont réunis à Marseille pour le Sommet Climate Chance 2025. Cette rencontre sans précédent a abouti à la Déclaration de Marseille, un engagement concret qui réinvente la coopération euro-africaine en matière d’adaptation climatique. Entre solutions locales et ambitions globales, découvrez comment ce partenariat pourrait transformer la réponse des deux continents aux défis climatiques avant la COP30 de Belém.
À l’heure où les dérèglements climatiques s’accélèrent, Marseille a été le théâtre d’une rencontre sans précédent. Durant deux jours intenses, les acteurs non étatiques d’Europe et d’Afrique ont jeté les bases d’un partenariat ambitieux pour affronter ensemble le plus grand défi de notre siècle. La Déclaration de Marseille qui en résulte se veut un engagement concret pour l’action.
Une mobilisation historique face à l’urgence climatique
Les 26 et 27 mars derniers, Marseille a vibré au rythme d’une mobilisation exceptionnelle. Plus de 1 500 participants issus de 40 pays ont répondu présents au Sommet Climate Chance Europe Afrique 2025. Cet événement, orchestré conjointement avec la Ville de Marseille, a réussi l’exploit de rassembler collectivités territoriales, ONG, entreprises, chercheurs, militants, peuples autochtones et décideurs politiques.
La réalité est désormais implacable : le mercure mondial dépasse déjà les trajectoires prévues par l’Accord de Paris. Face à cette évidence, un consensus émerge sur la nécessité de mener de front atténuation et adaptation. Comme l’a souligné Ronan Dantec, président de Climate Chance : « Ce sommet marque une étape dans l’évolution des priorités de la communauté climatique. Être lucide sur les trajectoires de réchauffement implique d’enclencher sans délai les transitions nécessaires pour s’adapter – tout en maintenant une ambition forte de réduction des émissions. »
La Déclaration de Marseille : un pacte pour l’équité climatique
Au cœur de cette rencontre historique se trouve la Déclaration de Marseille, véritable pierre angulaire d’une nouvelle coopération euro-africaine. Ce texte fondateur met en lumière une injustice criante : l’Afrique, continent qui a le moins contribué aux émissions de gaz à effet de serre, se retrouve en première ligne face aux bouleversements climatiques.
La Déclaration lance un appel vibrant pour un soutien renforcé des pays industrialisés du Nord envers les efforts d’adaptation du Sud, et ce dans un contexte alarmant de recul de l’aide publique au développement. Elle plaide également pour des mécanismes de financement innovants, à condition qu’ils respectent les droits humains, valorisent les savoirs autochtones et s’inscrivent dans une démarche de justice sociale.
L’Europe à la croisée des chemins
Les échanges fructueux du sommet nourriront un Plan d’action européen pour l’adaptation, qui sera transmis fin mai à la Commission européenne, aux États membres et aux institutions de l’UE. Ce timing est stratégique, puisqu’il précède la révision majeure de la stratégie européenne d’adaptation prévue en 2026.
Parmi les propositions concrètes avancées par la Déclaration figurent le renforcement des collaborations scientifiques entre l’Europe et l’Afrique, la création d’une plateforme commune de partage de données climatiques, et l’intégration systématique des enjeux d’adaptation dans les politiques urbaines, alimentaires et sanitaires.
Des solutions ancrées dans les réalités territoriales
L’avenir climatique se joue aussi dans les villes africaines en pleine expansion. La Déclaration affirme avec force que « la ville doit être un moteur de la transition écologique et sociale », et défend une vision de l’urbanisme qui n’oublie ni les quartiers informels ni les populations les plus vulnérables.
Les solutions inspirées de la nature – restauration des écosystèmes côtiers, gestion intelligente de l’eau, architecture bioclimatique – constituent l’épine dorsale des propositions. Le développement des savoir-faire locaux et des filières durables apparaît comme un impératif tant social qu’environnemental.
Les collectivités locales, véritables sentinelles du changement climatique sur le terrain, méritent une attention particulière. Les signataires demandent qu’elles bénéficient de davantage de ressources, d’autonomie et d’un accès direct aux financements internationaux. La coopération décentralisée, encore sous-exploitée, pourrait catalyser des transformations profondes et durables.
De Marseille à Belém : porter la voix des territoires jusqu’à la COP30
La Déclaration de Marseille résonnera lors des prochains rendez-vous internationaux, à commencer par la COP30 qui se tiendra en novembre 2025 à Belém, au cœur de l‘Amazonie brésilienne. À Marseille, une direction claire a été tracée. Le défi consiste maintenant à transformer cet élan collectif en engagements concrets et durables pour les générations futures.