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De l’Égypte à la Côte d’Ivoire, plusieurs nations africaines se distinguent dans le dernier classement mondial du soft power. Entre diplomatie, culture et innovation, zoom sur ces pays qui renforcent l’influence du continent sur l’échiquier mondial.
Chaque année, le classement Global Soft Power Index de Brand Finance analyse la capacité des nations à influencer le monde par la culture, la diplomatie, l’économie ou encore l’innovation. En 2024, les tendances se confirment avec un top 3 mondial inchangé : les États-Unis (79,5 points) conservent la première place, suivis de la Chine (72,8 points), qui dépasse pour la première fois le Royaume-Uni (72,4 points). Mais qu’en est-il des pays africains dans ce palmarès de l’influence mondiale ?
L’Égypte, leader africain du soft power
Premier pays africain du classement, l’Égypte occupe la 39e place mondiale avec un score de 45,4 points. Son patrimoine historique incomparable, son rôle diplomatique au sein du monde arabe et africain, ainsi que ses avancées en matière de développement infrastructurel renforcent son soft power. Le tourisme reste un levier majeur, tout comme sa capacité à jouer un rôle de médiateur dans les conflits du Moyen-Orient.
L’Afrique du Sud, une influence continentale majeure
Avec un score de 44,9 points, l’Afrique du Sud se classe en deuxième position des pays africains, occupant la 43e place mondiale. Ce positionnement est notamment porté par sa réputation dans le domaine des affaires, son influence culturelle et ses relations diplomatiques solides.
L’Afrique du Sud reste un acteur clé de la scène internationale, notamment via son appartenance aux BRICS et son leadership sur des questions climatiques et économiques en Afrique. Toutefois, les défis internes, notamment sur le plan politique et social, freinent son ascension dans le classement.
Le Maroc, une montée progressive dans le classement
Avec 40,6 points, le Maroc se hisse à la 50e place mondiale, poursuivant sa progression dans le classement. Son rayonnement est alimenté par son positionnement stable en Afrique du Nord, ses initiatives en matière d’énergie renouvelable, et son rôle croissant dans les relations internationales, notamment avec les pays du Golfe et sa nouvelle alliance avec Israël.
Nigeria, Algérie et Tunisie : des positions encore modestes malgré leur potentiel
Le Nigeria, malgré son poids démographique et économique, ne se classe qu’à la 77e place mondiale avec 36,4 points. Il pâtit d’une image internationale affectée par l’insécurité et la corruption, malgré l’influence croissante de son industrie culturelle (Nollywood, Afrobeats, etc.).
L’Algérie et la Tunisie figurent respectivement à la 78e et 79e place mondiale avec des scores très proches (36,4 et 36,3 points). L’Algérie s’appuie sur son influence régionale et ses ressources énergétiques, tandis que la Tunisie met en avant son modèle de transition démocratique et son attractivité touristique. Mais l’Algérie avec son renouveau touristique actuel et la modernisation de ses infrastructures est bien parti pour progresser alors que la Tunisie est sous la menace d’une possible instabilité politique.
Côte d’Ivoire, Kenya et Sénégal : des résultats en progression
Parmi les pays africains affichant une progression notable en 2024, on retrouve :
La Côte d’Ivoire (94e, 34,1 points) qui s’affirme comme un hub économique en Afrique de l’Ouest.
Le Kenya (92e, 34,4 points), grâce à son leadership technologique (« Silicon Savannah ») et son influence régionale.
Le Sénégal (102e, 33,5 points), qui capitalise sur sa stabilité politique et sa réputation culturelle.
Quels enjeux pour le soft power africain ?
L’Afrique progresse en matière d’influence mondiale, mais plusieurs défis restent à relever. L’amélioration de la gouvernance, le renforcement des industries culturelles et l’accélération du développement économique sont essentiels pour rivaliser avec les puissances émergentes d’Asie et d’Amérique latine.
Les pays africains les plus dynamiques misent sur des stratégies innovantes : investissement dans les industries créatives, diplomatie économique ciblée, et transformation numérique. Ces approches, combinées à une meilleure valorisation des atouts culturels et une gouvernance renforcée, pourraient permettre à certains pays africains de gagner plusieurs places dans le prochain classement du Global Soft Power Index.