
L’opposant congolais, Jean-Marc Kabund, est désormais libre de ses mouvements. L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a été libéré, ce vendredi, de la prison centrale de Makala où il était incarcéré.
Jean-Marc Kabund a quitté la prison de Makala ce soir. L’opposant a bénéficié de la grâce présidentielle accordée par Félix Tshisekedi en décembre dernier. Initialement prévue pour le dimanche 2 février, la libération de Jean-Marc Kabund a été d’abord reportée au 4 février avant d’être finalement effective, ce 21 février. D’autres opposants comme Seth Kikuni ou encore Jacky Ndala également bénéficiaires de cette grâce présidentielle attendent d’être libérés à leur tour.
Retour sur la descente aux enfers de l’ancien chef du parti présidentiel
Initialement président par intérim de l’UDPS, Jean-Marc Kabund a commencé sa descente aux enfers au cours de l’année 2022. En janvier de cette année, des éléments de la garde républicaine, unité de protection du président de la République, avaient vandalisé la résidence de Jean-Marc Kabund et arrêté tous les policiers commis à sa garde. Cela intervenait après une dispute ayant opposé certains de ces policiers à un élément de la garde républicaine. Une expédition qui n’a pas été du goût de l’ancien homme fort du parti au pouvoir, UDPS, qui avait annoncé sa démission sur Twitter.
En mars s’en est suivie la démission de l’homme de son poste de premier vice-président de l’Assemblée nationale. Une sortie médiatique effectuée en juillet 2022 au cours de laquelle celui qui venait de créer son propre parti a tenu des propos virulents contre le Président Tshisekedi, lui valut sa comparution devant la justice, puis sa condamnation en août 2022 à sept ans de prison ferme pour « outrage au chef de l’État » et « propagation de faux bruits ».
Un contexte marqué par la guerre à l’est du pays
Cette libération intervient dans un contexte de guerre à l’est du pays où le M23 avance à grands pas dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Après Goma et d’autres localités du Nord-Kivu passées sous le contrôle du M23, c’est le Sud-Kivu qui est devenu la grande attraction des rebelles soutenus par le Rwanda. Depuis quelques jours, Bukava, le chef-lieu de la province est tombée dans l’escarcelle rebelle. Sans doute, la RDC a besoin d’une union sacrée pour faire front contre l’ennemi commun. Mais, dans un pays où une partie de l’opposition appelle à la démission du Président, une telle union est probablement l’une des dernières choses dont la classe politique congolaise pourrait être capable tout de suite. Sauf extraordinaire.