RDC : au moins sept morts dans deux explosions à Bukavu lors d’un meeting de l’AFC/M23


Lecture 3 min.
Des réfugiés
Des réfugiés

Deux violentes explosions ont secoué la ville de Bukavu, située dans l’Est de la République Démocratique du Congo (RDC), alors que Corneille Nangaa, le coordonnateur de l’Alliance des Forces pour la Change (AFC/M23), terminait son meeting à la place de l’Indépendance. Selon des informations rapportées par RFI, ces explosions ont fait au moins sept morts, un bilan encore provisoire, mais qui pourrait s’alourdir. À ce stade, la nature exacte des explosions reste inconnue.

La ville de Bukavu, capitale du Sud-Kivu, est sous le contrôle du mouvement politico-militaire AFC/M23, soutenu par le Rwanda, depuis le 14 février dernier. Ce groupe, qui a émergé dans un contexte de tensions politiques et militaires dans la région, est au cœur de nombreux affrontements et crises de sécurité dans l’est de la RDC, une zone marquée par des conflits récurrents depuis plusieurs années. Le meeting de l’AFC/M23, où Corneille Nangaa s’adressait à la foule, a soudainement viré au drame. Vêtu d’une veste noire et d’une casquette noire, Nangaa venait de descendre de la tribune, annonçant la fin de son discours.

Les corps tombent et très vite le nombre des victimes s’accumule

À peine deux minutes plus tard, une première explosion retentit dans la zone, apparemment à proximité des haut-parleurs installés à quelques mètres de la tribune. La détonation a provoqué une panique générale. Les témoins racontent que la foule s’est immédiatement dispersée dans tous les sens, poussée par les cris et les pleurs des personnes prises de panique. En pleine confusion, une seconde explosion a détonné, amplifiant le chaos. Au sol, les corps tombent, et très vite, le nombre des victimes s’accumule. D’après les constats effectués sur place, au moins sept personnes, toutes en tenue civile, ont été retrouvées mortes. Certaines étaient encore inconscientes, tandis que d’autres étaient gravement blessées.

Lire : RDC : le gouverneur du Sud-Kivu contraint d’administrer depuis Uvira

Les secours ont rapidement été organisés, avec des civils réquisitionnant leurs motos pour transporter les blessés vers l’hôpital le plus proche. Des véhicules ont également été utilisés pour évacuer d’urgence les victimes. Le nombre de blessés est important, bien qu’encore difficile à déterminer avec précision. Certains ont été retrouvés à terre, tandis que d’autres ont été rapidement pris en charge par les équipes médicales déployées sur place.

Tensions politiques, militaires et ethniques dans l’Est de la RDC,

Le mystère persiste concernant la nature des explosions. Si certains témoins sur place évoquent la possibilité de grenades, aucune confirmation officielle n’a été donnée sur l’origine exacte des détonations. Cela a alimenté une grande confusion et de nombreuses spéculations sur la responsabilité de cet acte violent. Le groupe armé M23, dont le chef était en déplacement à ce moment-là, a promis de faire une déclaration dans les heures suivant l’attaque. Toutefois, dans un premier temps, l’organisation a désigné Kinshasa comme étant responsable de ces explosions, une accusation qui n’a pas été confirmée par les autorités congolaises.

La situation à Bukavu est tendue, avec un climat de forte incertitude. Le contrôle de la ville par l’AFC/M23 et les répercussions de cet incident sur le fragile équilibre sécuritaire du Sud-Kivu sont des éléments qui alimentent l’inquiétude. Le manque d’informations claires sur l’origine des explosions n’a fait qu’aggraver la situation. L’incident survient dans un contexte de tensions politiques, militaires et ethniques dans l’Est de la RDC, où plusieurs groupes armés luttent pour le contrôle des ressources et du pouvoir.

Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News