L’Italie investit 20 millions d’euros pour rapatrier 3300 migrants depuis l’Algérie, la Libye et la Tunisie


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Des migrants sénégalais tentent de rejoindre l'Europe
Des migrants sénégalais

Le gouvernement italien a annoncé, mercredi dernier, un investissement de 20 millions d’euros pour le rapatriement volontaire de 3 300 migrants vulnérables présents en Algérie, en Libye et en Tunisie. Ce programme, qui sera mis en œuvre en partenariat avec l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), s’inscrit dans le cadre des efforts de l’Italie pour soutenir la gestion migratoire en Méditerranée.

L’initiative a été confirmée lors d’une réunion du Comité mixte pour la coopération au développement, dirigée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Antonio Tajani. L’Italie débloque 20 millions d’euros pour rapatrier volontairement 3 300 migrants vulnérables présents en Algérie, en Libye et en Tunisie. L’Italie poursuit ainsi sa politique humanitaire en aidant les migrants à retourner dans leurs pays d’origine, majoritairement en Afrique subsaharienne, de manière sûre et assistée.

Faciliter le rapatriement des migrants vers leur pays d’origine

Selon l’agence de presse italienne Nova, l’accord de financement vise spécifiquement les populations les plus vulnérables. L’objectif est de faciliter leur rapatriement vers leur pays d’origine avec un soutien approprié, notamment pour les migrants présents dans les trois pays mentionnés. Le ministre Tajani a précisé que ce programme de rapatriement est une réponse aux besoins urgents des migrants en situation de précarité. Cela permet aussi d’éviter que ces personnes prennent la mer pour tenter une traversée risquée de la Méditerranée vers l’Italie.

L’initiative, bien que centrée sur les migrants en Algérie, en Libye et en Tunisie, a été saluée comme un modèle de coopération internationale dans le cadre de la gestion des flux migratoires. « Ce programme est une preuve de l’engagement constant de l’Italie à soutenir les projets humanitaires et à maintenir son aide dans un contexte international difficile », a souligné Antonio Tajani lors de la présentation des résultats de la réunion.

Favoriser une meilleure réinsertion professionnelle et sociale

En plus de ce programme de rapatriement, le Comité a annoncé la création d’un fonds destiné à soutenir les projets de coopération menés par les régions italiennes. L’objectif est de promouvoir une meilleure coordination entre les acteurs locaux et les initiatives internationales, en mettant l’accent sur les projets portés par les organisations de la société civile. Un aspect phare de ce financement supplémentaire concerne le soutien aux initiatives entrepreneuriales innovantes, qui visent à valoriser le capital humain des migrants de retour dans leurs pays d’origine.

Ces initiatives cherchent à favoriser une meilleure réinsertion professionnelle et sociale pour les rapatriés. Le financement de ce programme de 20 millions d’euros s’inscrit dans la volonté de l’Italie de maintenir son engagement envers l’aide humanitaire et le développement international. A travers ce geste, l’Italie s’efforce de conserver des niveaux de financement constants pour ses projets de coopération. Le programme de rapatriement fait également partie d’une stratégie plus large de gestion des flux migratoires.

Empêcher les départs illégaux des côtes nord-africaines

L’Italie, située sur la principale route migratoire de la Méditerranée centrale, a observé une réduction significative des arrivées de migrants par voie maritime en 2024. Selon les dernières statistiques officielles, le nombre d’arrivées a chuté de 60% par rapport à l’année précédente, atteignant 63 246 personnes jusqu’à la fin du mois de décembre. Cette baisse a été rendue possible grâce à des programmes de coopération renforcée avec les pays voisins et des initiatives visant à améliorer la surveillance maritime, ainsi qu’à contrer les activités des réseaux criminels qui exploitent les migrants.

Malgré ces progrès, les risques encourus par les migrants restant élevés. En 2024, près de 100 migrants ont perdu la vie ou sont portés disparus en tentant de traverser la Méditerranée, selon un rapport publié par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) le 30 décembre. En réponse à ces défis, l’Italie a renforcé ses programmes de coopération régionale, en particulier en ce qui concerne la lutte contre les trafiquants d’êtres humains. Cette coopération vise à améliorer la sécurité en mer et à empêcher les départs illégaux des côtes nord-africaines.

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Je suis passionné de l’actualité autour des pays d’Afrique du Nord ainsi que leurs relations avec des États de l’Union Européenne.
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