L’Algérie n’est pas un dépotoir maritime


Lecture 2 min.
arton4128

Sous la pression des nouvelles réglementations européennes en matière de pêche, les marins espagnols cherchent à se débarrasser de leurs bateaux. Les acheteurs intéressés sont des armateurs tunisiens, algériens et mauritaniens. Mais à Alger, l’état des embarcations éveille la suspicion…

Selon l’agence Europe Press, une réunion regroupera prochainement le conseiller de l’Agriculture et de la Pêche de la région d’Andalousie, Paulino Plata, et les représentants des sociétés de pêches installées en Tunisie, en Algérie et en Mauritanie. L’enjeu des négociations : la vente d’une soixantaine de bateaux de pêche andalous. La réunion, qui se tiendra à Malaga, regroupera les représentants du secteur de la pêche, explique le conseiller. En sous-main, il reconnaît également que la flotte espagnole connaît actuellement une situation difficile. Les récentes directives de l’Union européenne sur la limitation du droit de pêche restreignent le nombre de bateaux autorisé à exploiter les eaux territoriales. Et contraignent les pêcheurs à vendre.

Ferrailleurs espagnols

Pour que les marins-pêcheurs ne paient pas  » les pots cassés  » des décisions de Bruxelles, Paulino Plata affiche donc sa volonté -et celle du gouvernement espagnol- de soutenir la vente de leurs embarcations. Mais à Alger, les responsables de la pêche sont de plus en plus méfiants.  » Le règlement est clair. Les opérateurs ont toujours été autorisés à importer des bateaux de pêche d’Espagne ou d’autres pays, mais l’âge du bateau ne doit pas dépasser dix ans « , précisent-ils fermement. Ces conditions en matière d’âge et de sécurité doivent assurer le renouvellement de la flotte nationale. Cependant, une fois informés de ces normes législatives, les armateurs sont seuls face à leur choix. Et s’ils décident d’acheter de vieux rafiots à bas prix, l’Etat aura bien du mal à les en empêcher…

 » L’Algérie n’est pas un dépotoir. Et les bateaux importés doivent répondre aux normes de navigation « , rappellent donc fermement les responsables de la pêche à Alger. Et pour donner peut-être plus de poids à leurs propos, ils soulignent que les pêcheurs algériens intéressés par l’exploitation performante de leurs ressources halieutiques peuvent bénéficier de subventions de l’Etat pour le renouvellement de leur flotte et le renforcement de la production à travers l’aquaculture.

K.Assia

Avatar photo
LIRE LA BIO
Le Quotidien d'Oran, fondé le 14 décembre 1994, est un quotidien généraliste indépendant algérien en langue française. Initialement régional, il est devenu national en 1997 et s'est imposé comme le premier quotidien francophone du pays. Le journal traite de sujets variés tels que la politique intérieure, le sport, la culture et l'actualité internationale, tout en accordant une attention particulière aux nouvelles de la ville d'Oran et de sa région. Il est également reconnu pour ses pages dédiées au débat et à l'analyse, notamment dans l'édition du jeudi, ce qui lui confère la réputation d'un quotidien sérieux prisé par les élites algériennes. Parmi ses rubriques phares figure "Raïna Raïkoum" ("Notre opinion, votre opinion"), une chronique en page 3. Le Quotidien d'Oran est l'un des rares titres de presse en Algérie à disposer de sa propre imprimerie, renforçant ainsi son indépendance éditoriale.
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News