Haïti : le chef du Conseil présidentiel promet des mesures contre les gangs


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Fritz Alphonse Jean, chef du Conseil présidentiel transitoire en Haïti
Fritz Alphonse Jean, chef du Conseil présidentiel transitoire en Haïti

La crise sécuritaire en Haïti atteint un niveau critique. Face à la montée des violences perpétrées par les gangs, le chef du Conseil présidentiel transitoire, Fritz Alphonse Jean, a annoncé de nouvelles initiatives pour tenter de restaurer l’ordre et la sécurité.

Cette déclaration intervient alors que la population haïtienne manifeste de plus en plus violemment son exaspération.

Un pays sous l’emprise des gangs

Depuis l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, Haïti s’enfonce dans une spirale de violence incontrôlable. Les gangs ont étendu leur emprise sur la capitale et au-delà. Ils sement la terreur à travers des assassinats, des viols et des enlèvements. Selon l’ONU, plus de 4 200 personnes ont été tuées entre juillet et février dernier. Des milliers d’autres ont été blessées ou déplacées. Les violences sexuelles sont devenues une arme de domination, utilisée pour terroriser la population et renforcer le contrôle territorial des groupes criminels.

Des promesses face à une population exaspérée

Les récents affrontements entre manifestants et forces de l’ordre à Port-au-Prince témoignent de la colère croissante des Haïtiens. En réponse, Fritz Alphonse Jean a affirmé avoir entendu les doléances du peuple. Il a promis des « mesures importantes » pour combattre les gangs. Parmi celles-ci, un budget spécial serait alloué à la lutte contre ces groupes criminels, et des agents du BSAP, une unité armée de l’État, seraient intégrés dans les opérations de sécurisation. Toutefois, le flou persiste sur les détails concrets de ces mesures, notamment en ce qui concerne le financement et l’effectif mobilisé.

Un état d’urgence qui inquiète la communauté internationale

La communauté internationale suit avec une inquiétude grandissante l’évolution de la situation en Haïti. L’ONU, à travers le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, a mis en garde contre l’escalade de la violence et la multiplication des violations des droits humains. Les armes à feu prolifèrent dans le pays, alimentées par un trafic illicite massif. Plus de 700 enlèvements ont été recensés en quelques mois, tandis que des massacres sont rapportés régulièrement dans les zones les plus touchées.

Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger la mise en place d’un embargo effectif sur les armes, ainsi qu’un gel des avoirs des individus finançant les gangs. La diaspora haïtienne pourrait également jouer un rôle clé, alors que Fritz Alphonse Jean a évoqué la possibilité d’un vote à distance lors des prochaines élections prévues pour février.

L’heure des choix pour l’avenir d’Haïti

Alors que le gouvernement de transition peine à rétablir l’ordre, le temps presse. L’érosion de l’autorité de l’État au profit des gangs menace l’existence même de la nation. Les nouvelles mesures annoncées seront-elles suffisantes pour inverser la tendance ? Une chose est certaine : sans une action rapide et décisive, la situation risque d’empirer davantage. Elle pourrait mettre en péril non seulement la sécurité du pays, mais aussi sa stabilité politique et économique.

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