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Absent du classement des personnalités politiques préférées des Français depuis des années, Dominique de Villepin fait un retour fracassant en tête du dernier baromètre Ifop-Fiducial pour Paris Match et Sud Radio, publié le 25 février. L’ancien Premier ministre de Jacques Chirac récolte 53% d’opinions favorables, rivalisant avec Édouard Philippe. Un regain de popularité qui s’explique en partie par ses prises de position tranchées sur la politique étrangère, notamment en ce qui concerne l’Algérie et la Palestine, en opposition frontale avec les orientations du gouvernement actuel.
Une voix discordante sur la Palestine
Se posant en porte-voix du monde arabe dans le conflit entre Israël et le Hamas, Dominique de Villepin s’est illustré par un discours nuancé et critique à l’égard de la diplomatie française actuelle. Contrairement à Emmanuel Macron et François Bayrou, qui ont adopté une ligne fermement alignée sur Israël, Villepin plaide pour une reconnaissance pleine et entière des droits du peuple palestinien. Dès le début de l’offensive israélienne à Gaza, il a condamné la réaction disproportionnée et appelé à une solution politique fondée sur la justice et la reconnaissance des aspirations palestiniennes.
Cette posture, qui tranche avec celle du Quai d’Orsay, lui vaut le soutien d’une partie de la gauche française, notamment de figures comme Manuel Bompard, qui salue en lui « une voix utile« . Son engagement dans ce dossier rappelle son célèbre discours de 2003 à l’ONU contre l’intervention américaine en Irak, où il avait déjà défendu une approche diplomatique fondée sur le respect du droit international.
Un défenseur du dialogue avec l’Algérie
En parallèle, Dominique de Villepin s’oppose fermement aux positions du gouvernement sur les relations franco-algériennes. Récemment, Bruno Retailleau et Gérald Darmanin et hier encore François Bayrou, ont plaidé pour une remise en cause de l’accord de 1968 régissant le statut des Algériens en France, prétextant des tensions diplomatiques accrues. Villepin, au contraire, met en garde contre une rupture brutale avec Alger, soulignant l’importance d’une relation historique fondée sur le respect mutuel et la coopération.
Dominique de Villepin sur Bfmtv: Clash Bruno Retailleau à distance. pic.twitter.com/wPLkl60RoE
— L’oeil Medias (@LoeilMedias1) February 23, 2025
« Peut-on réduire 60 ans d’histoire commune à une formule lapidaire sur Twitter ? » s’est-il indigné dans un entretien à Mediapart. Pour lui, dénoncer l’accord de 1968 reviendrait à « donner un coup à l’Algérie » sans résoudre aucune des difficultés actuelles. Il dénonce une stratégie populiste visant à flatter un électorat extrême-droitier plutôt qu’à bâtir une politique migratoire cohérente.
Un homme d’État en embuscade pour 2027 ?
Si Dominique de Villepin se refuse à toute annonce officielle sur une possible candidature à la présidentielle de 2027, il laisse planer le doute. « Nous avons besoin d’un sursaut. Moi, je suis ici pour accompagner ce réveil« , a-t-il déclaré sur BFMTV, sans confirmer ni exclure un retour en politique active.
Son positionnement actuel pourrait bien le rendre attractif à un électorat en quête de figures alternatives, lassé des clivages traditionnels. Auréolé de son passé gaulliste et de son indépendance vis-à-vis des partis, Villepin incarne une certaine idée de la diplomatie française, à contre-courant du pragmatisme affiché par Emmanuel Macron.
Dans un contexte international tendu et face à une classe politique discréditée, son retour en tête du classement des personnalités préférées des Français pourrait bien être le premier pas vers une nouvelle aventure politique.