
Tensions au Tribunal d’Abidjan : plusieurs députés du PDCI ont été refoulés alors qu’ils tentaient de soutenir Tidjane Thiam, contesté en justice par une militante du parti.
Le mercredi 2 avril 2025, un incident marqué par des tensions et des symboles politiques a eu lieu au Tribunal de Première Instance du Plateau à Abidjan. Des députés du Parti Démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI-RDA) ont été empêchés d’accéder au tribunal où se tenait une audience cruciale en référé. Cet événement survient au moment où une militante du PDCI, Valérie Yapo, conteste la légitimité de Tidjane Thiam à la tête du parti. Retour sur une situation qui attise les passions et les interrogations sur la direction du parti.
Des députés en lutte contre une procédure judiciaire contestée
Le cœur du conflit réside dans l’assignation en justice déposée par Valérie Yapo, une militante du PDCI. Celle-ci remet en cause la légitimité de Tidjane Thiam à diriger le PDCI, un parti qu’il a conduit avec une grande majorité lors du congrès de décembre 2023.
Tidjane Thiam a récemment renoncé à sa nationalité française afin de se conformer aux critères d’éligibilité pour la présidence de la République de Côte d’Ivoire. Un geste qui confirme son engagement envers la nation, mais aussi comme un moyen de se conformer aux exigences constitutionnelles.
Face à cette procédure judiciaire qui semble défier l’autorité de leur président, plusieurs députés du PDCI, dont Simon Doho, Aby Raoul et Jacques Ehouo, ont décidé de se rendre au tribunal pour montrer leur solidarité envers Tidjane Thiam et exprimer leur mécontentement face aux attaques internes. Cependant, leur volonté de manifester pacifiquement leur désapprobation a été contrariée par un dispositif sécuritaire imposé par les forces de l’ordre.
Un dispositif sécuritaire imposé par la police
En arrivant devant le tribunal, les députés et leurs partisans ont été stoppés par un important cordon de sécurité déployé par la police nationale. Ce dispositif renforcé visait à prévenir tout débordement et à garantir le bon déroulement de l’audience. Des dizaines de militants étaient également présents, prêts à soutenir leurs élus et à défendre leur position contre ce qu’ils considèrent comme une tentative d’instrumentalisation du système judiciaire pour affaiblir leur parti.
Simon Doho, le leader du groupe parlementaire du PDCI, a exprimé son mécontentement face à cette situation. Il a affirmé que cette mobilisation était un « combat pour la démocratie » et pour « une démocratie apaisée » en Côte d’Ivoire. Selon lui, l’action judiciaire contre Tidjane Thiam visait à l’empêcher de devenir un candidat viable à la présidence, ce qui soulève des questions sur la véritable nature des intentions des auteurs de cette procédure.
Une tension qui ne faiblit pas au sein du PDCI
L’incident au tribunal ne fait que renforcer la division au sein du PDCI. D’un côté, les partisans de Tidjane Thiam, notamment les députés qui se sont rendus au tribunal, soutiennent la légitimité de leur président et estiment qu’il est victime d’une tentative de déstabilisation interne. De l’autre côté, des figures comme Valérie Yapo, qui contestent sa direction, alimentent un climat de tension et de doute sur l’avenir du PDCI.
Cette affaire soulève des interrogations sur l’avenir politique du PDCI. Alors que les élections présidentielles approchent, la question de l’unité au sein du parti devient de plus en plus cruciale. Tidjane Thiam réussira-t-il à surmonter ces épreuves et à convaincre l’ensemble du PDCI de son leadership ?