
L’annonce de nouveaux droits de douane par les États-Unis menace l’équilibre des échanges commerciaux avec l’Afrique. Textile, automobile, pétrole : plusieurs secteurs clés sont fragilisés, et l’avenir de l’AGOA semble incertain. Face à cette pression, les économies africaines doivent repenser leur stratégie d’exportation.
Les nouvelles mesures tarifaires annoncées par le président américain Donald Trump risquent de bouleverser les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Afrique. Avec des droits de douane pouvant atteindre 50 % sur certains produits africains, plusieurs économies du continent se trouvent fragilisées. Quels secteurs sont les plus touchés et quelles conséquences pour les pays africains ?
Un coup dur pour les exportations africaines
En 2023, les échanges commerciaux entre l’Afrique subsaharienne et les États-Unis atteignaient 47,5 milliards de dollars, avec 29,3 milliards d’exportations africaines vers le marché américain. Parmi les principaux produits exportés figurent le pétrole brut, les métaux précieux, les véhicules automobiles et les vêtements. Cependant, la nouvelle politique tarifaire prévoit un droit de douane minimum de 10 % pour la majorité des pays africains, tandis que d’autres voient leurs taxes grimper à des niveaux extrêmes : 50 % pour le Lesotho, 47 % pour Madagascar et 40 % pour Maurice.
Les secteurs manufacturiers africains, en particulier le textile et l’automobile, sont en première ligne. Avec l’augmentation des coûts d’exportation, les produits africains perdent en compétitivité sur le marché américain. Les entreprises textiles de Madagascar et du Lesotho, dépendantes du marché des États-Unis, pourraient connaître un ralentissement majeur, menaçant des milliers d’emplois. De même, l’industrie automobile sud-africaine, qui exporte pour 1,7 milliard USD vers les États-Unis, pourrait subir des pertes considérables.
Vers un remaniement des relations commerciales ?
L’annonce de ces nouvelles taxes suscite de vives inquiétudes parmi les gouvernements africains. La précédente administration Trump avait déjà imposé des droits de douane, provoquant des tensions commerciales. Reste à voir comment les pays africains réagiront face à ces nouvelles mesures, notamment en réévaluant leurs accords commerciaux et en recherchant d’autres marchés d’exportation.
L’un des points d’incertitude majeurs concerne l’African Growth and Opportunity Act (AGOA), qui permet à certains produits africains de bénéficier d’un accès préférentiel au marché américain. En 2024, les exportations sous ce régime atteignaient 8 milliards de dollars. Si ces nouveaux droits de douane affectent les produits admissibles sous l’AGOA, cela pourrait remettre en question tout le programme, avec des conséquences économiques considérables pour plusieurs pays africains.
Avec ces nouvelles barrières commerciales, les économies africaines doivent s’adapter rapidement pour limiter les pertes. Entre délocalisation des exportations et renforcement des marchés régionaux, les mois à venir s’annoncent déterminants pour l’avenir des relations économiques entre l’Afrique et les États-Unis.