Gabon : le gouvernement menace d’user de la réciprocité contre la France


Lecture 2 min.
arton50354

Dans un communiqué publié le 6 août 2015, le gouvernement gabonais, condamnant fermement l’interpellation à Paris le 3 août dernier du directeur de cabinet du président Ali bongo, Maixent Accrombessi, a menacé d’user du principe de réciprocité à l’encontre des autorités françaises.

A Libreville,

L’interpellation à Paris de Maixent Accrombessi le 3 août dernier, dans le cadre d’une enquête judiciaire « pour corruption d’agent public étranger et blanchiment », risque de brouiller sérieusement les relations entre Paris et Libreville. Le 6 août 2015, le gouvernement gabonais a publié un communiqué dans lequel il menace d’user du droit d’appliquer le principe de réciprocité « dans le respect des usages diplomatiques ».

Le gouvernement gabonais a « condamné avec la plus vive énergie, cet acte de nature à ternir les relations d’amitié et de fraternité qui lient le Gabon et la France ». Un acte dont a été « victime un haut commis de l’Etat en plein exercice de ses fonctions ». L’exécutif « ne saurait demeurer à l’avenir sans réaction face à ces agissements devenus récurrents et qui portent atteinte à l’honneur du Gabon », avertit le gouvernement.

Dans un communiqué publié deux jours auparavant, la présidence de la République avait également condamné la garde à vue de Maixent Accrrombessi. L’opposition a appelé à la démission de l’intéressé, afin de se mettre au service de la justice.

Pour rappel, Maixent Accrombessi a été interpellé dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte le 9 juillet 2007 pour « corruption d’agent public étranger » et « blanchiment ». L’enquête porte sur un contrat de 7 millions d’euros passé entre le ministère gabonais de l’Intérieur dirigé à l’époque par Clotaire Christian Ivala et la société MARCK spécialisée dans la confection d’équipements sécuritaires. Les enquêteurs français cherchent à savoir si la société MARCK a versé de l’argent au directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba en contrepartie de l’attribution du marché.

Avatar photo
LIRE LA BIO
Pierre-Éric Mbog Batassi est un journaliste et écrivain gabonais reconnu pour ses analyses pointues des dynamiques politiques et sociales en Afrique. Basé à Libreville, il s’est illustré par son travail de reporter pour Afrik.com et ses contributions à divers médias, apportant un regard critique sur les enjeux de gouvernance, les relations internationales et les mutations culturelles du continent. Formé au journalisme, il s’intéresse particulièrement aux questions de mémoire, d’identité et aux défis contemporains des sociétés africaines. Sa plume incisive et son expertise en font une voix influente dans le paysage médiatique africain.
Newsletter Suivez Afrik.com sur Google News